idee poutine 12
Vladimir Poutine Wikipédia
Content
Vladimir Poutine a réussi à retourner la situation, délaissant ce déguisement d'homme fort que lui avait taillé le clan Eltsine en pensant pouvoir le diriger sur scène et lui souffler la réplique, pour le costume de président indépendant et maître de son destin, à la tête d'une Russie qui l'est redevenue. Même en s'emparant de la réalité du pouvoir, le dirigeant russe n'a cependant jamais abandonné ce rôle d'acteur qui est l'un de ses meilleurs atouts. Et de Nikolaï Tokarev, aujourd'hui président du conseil d'administration de Transneft (transport de pétrole, oléoducs), qui s'est également lié d'amitié avec le futur président lorsqu'ils étaient en poste à Dresde. Poutine, citons également les frères Boris Rotenberg et Arkadi Rotenberg, aujourd'hui dirigeants de la banque SMP, qui ont sympathisé avec le futur président à des cours de judo lorsque ce dernier avait douze ans. Un autre ami de jeunesse du chef d’État est Sergueï Roldouguine, violoncelliste et homme d'affaires, parrain d'une des filles de Poutine à qui il a présenté son ex-femme Lioudmila. Autre grande fortune proche du président, le président de la RZD (équivalent russe de la SNCF), Vladimir Yakounine, est lui aussi influent à la fois sur le plan intérieur et dans la conception de la politique étrangère russe.
Carrière d'officier du KGB
Sa vision d'une Russie assumant à la fois sa vocation de grande puissance en Europe et sa dimension asiatique se retrouve elle aussi pleinement dans la politique de l'actuel locataire du Kremlin. Celui que rien ne semblait destiner à devenir l'indétrônable dirigeant du plus grand pays du monde n'a pas eu la jeunesse d'un visionnaire rêvant de changer l'histoire à la tête de la Russie ; il n'a mûri de grand projet pour son pays que tardivement. Le futur président devait répondre à un vide d'incarnation puis incarner la nouvelle face d'un pouvoir dont l'oligarchie souhaitait garder le contrôle.
Connectez-vous ou créez votre espace franceinfo pour commenter.
L’Italie est un cas fascinant comme je viens de le dire, car on y trouve une extrême droite russophile, autour de Matteo Salvini, de la Lega et de feu Silvio Berlusconi, et une extrême droite atlantiste, incarnée par Giorgia Meloni, marquée par l’anticommunisme et le ralliement aux États-Unis et à l’OTAN. Une fois que la « vraie« guerre s’est installée comme réalité de terrain, le régime a pu puiser dans des récits et des méthodes d’endoctrinement qui étaient en place mais pas entièrement déployés. Il a donc pu adapter assez facilement son arsenal idéologique, d’endoctrinement et de répression à l’idée d’une grande guerre civilisationnelle avec l’Occident. Y a-t-il seulement une continuité entre le froid dispositif de propagande mis en place par le maître du Kremlin — ses usines à trolls, ses mercenaires, ses siloviki — et les déclarations télévisuelles délirantes des faucons qui aimeraient déclencher une guerre nucléaire depuis Moscou ? Il y a des entreprises de communication, les photos célèbres du Président accomplissant toutes sortes d’exploits, mais ses discours ne sont pas particulièrement lus ou connus. Pour l’essentiel, Poutine a capitalisé sur la hausse du PIB permise par l’envol des prix du pétrole dans les années 2000.
Poutine au fromage Le Calumet et au canard confit
De telles idées rencontraient un certain écho dans toutes les catégories de la population, malgré l'importance des problèmes intérieurs (effondrement économique, corruption, adaptation au jour le jour à la vie post-soviétique). Àla même époque, l'ancien « président » de factode l’État fantoche d'Ossétie du Sud, Eduard Kokoïty, estimait que son territoire devait être réintégré à la Russie. Se tourner davantage vers l'Orient n'était selon lui pas inconciliable avec l'affirmation de la Russie comme puissance dominante en Europe et phare du continent, ce qui est semble-t-il la vision à long terme du Kremlin. Pour Léontiev, l'Empire russe devait s'étendre vers le Proche-Orient, mais aussi vers l'Inde, la Chine, le Tibet. Ce dernier point n'est bien sûr plus d'actualité pour les dirigeants russes, mais leur orientation vers l'Orient s'inscrit dans une idée voisine visant à assumer pleinement le rôle de la Russie comme puissance asiatique. Michel Eltchaninoff nous apprend également que « le texte d' Ilyine que préfère Poutine22 » est un extrait de Nos Missions intitulé « Que promet au monde le démembrement de la Russie ?
Le Premier ministre britannique Boris Johnson et le président des États-Unis Joe Biden qualifient le président russe de « dictateur », condamnant l'offensive russe,,,. L'opposition accuse le pouvoir de fraude électorale, parlant de « bourrages d'urnes » et de « manipulation du vote en ligne ». De son côté, Vladimir Poutine remercie les Russes pour « leur confiance » à la suite de cette victoire qui le renforce d'une nouvelle majorité à la Douma, deux ans avant l'élection présidentielle de 2024. Une grande partie de l'opposition y voit un moyen de limiter le nombre de candidats hostiles au pouvoir en place.
Comme son ami Konstantin Malofeev (Douguine est d'ailleurs l'une des principales têtes d'affiche de la chaîne Tsargrad TV, en plus d'être un soutien du mouvement Tsargrad évoqué plus haut), il est directement lié aux combats qui ont fait des milliers de morts dans ce pays déstabilisé par Moscou. des poutines Dès 2008, Douguine avait participé à la constitution de groupes armés sympathisants de son projet d'empire eurasiatique alors que se profilait un conflit en Géorgie. Liés à des nationalistes russes irrédentistes et des séparatistes abkhazes ou ossètes, ces groupes n'étaient pas inquiétés par l’État russe qui préférait fermer les yeux – il est même possible que des militaires russes aient secrètement participé à leur armement et à leur formation.
Monarchiste, orthodoxe intégriste et réactionnaire, créationniste, homophobe pathologique et sympathisant de la droite dure américaine, Malofeev est aussi l'un des principaux soutiens des partis d'extrême-droite en Europe, dont le Rassemblement national. Sa cible est le libéralisme politique, auquel il oppose « la logique identitaire des guerres de civilisation ». En mobilisant ainsi des pans de la culture russe, le président russe espère susciter l’adhésion d’au moins une partie de l’opinion. Lorsque l’on demande aux sondés, en décembre 2014, s’ils sont prêts à assumer une baisse substantielle du niveau de vie de leur famille à cause des sanctions occidentales, 30% répondent par l’affirmative, mais 62% par la négative.
- Le Premier ministre britannique Boris Johnson et le président des États-Unis Joe Biden qualifient le président russe de « dictateur », condamnant l'offensive russe,,,.
- On sait encore beaucoup de choses sur la société russe, à condition de bien vouloir lire les enquêtes d’opinion avec nuance, de les corréler avec des informations plus qualitatives, et de suivre les derniers espaces de liberté que l’on trouve sur Telegram.
- Sa cible est le libéralisme politique, auquel il oppose « la logique identitaire des guerres de civilisation ».
- Le futur président devait répondre à un vide d'incarnation puis incarner la nouvelle face d'un pouvoir dont l'oligarchie souhaitait garder le contrôle.
Admiration, idées communes, influence… quels liens unissent Donald Trump et Vladimir Poutine ?
Douguine en fait une lecture politique et souhaite le retour à la Tradition (dont il a une conception étroite et exclusive) face au monde moderne, au libéralisme, aux valeurs « dégénérées » de l'Occident. Cette vision se retrouve entre autres dans son ouvrage La Quatrième théorie politique (traduit en français aux éditions d'extrême-droite Ars Magna), qui a bénéficié d'une véritable influence en Russie (jusqu'au Kremlin) et à l'étranger (notamment au sein des extrême-droites européennes). Douguine se revendique lui-même d'une forme nouvelle de fascisme, ce qui commence à faire beaucoup pour un seul homme, et a cité en exemples plusieurs figures et organisations liées au Troisième Reich. Cela fait de lui un marginal et un extrémiste aux yeux du grand public russe comme de l'essentiel des milieux dirigeants. Alexandre Douguine a publié en 1997 un ouvrage aussi célèbre de nom que méconnu sur le fond, Fondamentaux de géopolitique. On peut par exemple lire sur le site du Center for Security Policy que « il est clair que le gouvernement russe a pris les Fondements de la géopolitique comme modèle de sa politique étrangère37 ».
Il mène le redressement de l'économie nationale et une politique institutionnelle tournée vers la concentration des pouvoirs présidentiels. Si l’on s’en tient à l’après-guerre, époque de formation de Vladimir Poutine, né en 1952, la mort de Staline (en 1953) fait renaître d’anciennes fractures. Novy Mir (« Nouveau Monde ») défend une vision du monde humaniste et vigoureusement anti-stalinienne en publiant Une Journée d’Ivan Denissovitch de Soljenitsyne en 1962 ou les textes du futur dissident Andreï Siniavski.
Le président américain avait simulé une colère incontrôlable pour faire croire à la partie adverse que la menace nucléaire était sérieuse. On peut noter par exemple que Poutine semble avoir une fibre anti-communiste — non pas antisoviétique mais anti-communiste, ce qui est une nuance majeure — prononcée, plus visible que celle partagée par la bureaucratie russe en général. Il a souvent déclaré son mépris pour les bolchéviques, Lénine en particulier, et pour la politique des nationalités soviétique qui aurait, selon lui, donné trop de pouvoir et de territoires aux autres nationalités — et bien évidemment aux Ukrainiens en premier lieu. Cette binarité, je vois la Russie comme un cas, certes extrême, mais toujours dans le continuum de notre monde. L’opposition russe à l’universalisme américain et à l’internationalisme libéral est partagée par une grande partie de ce qu’on appelle le Sud Global. La Russie n’est donc pas, selon moi, quelque chose d’externalisable à un « nous » collectif, mais une partie intégrante des complexités de notre monde.
La popularité de Goumilev depuis les années 1990 s'inscrit dans une volonté de contrebalancer la part européenne de l'identité russe, de prouver l'ancienneté et la force de son ancrage eurasiatique. Sans doute moins influent, l'archimandrite Iliy Nozdrine, également réputé proche de Poutine, est une autre figure de cette nouvelle alliance entre le pouvoir et l’Église. Toujours selon le prêtre proche du Kremlin, « la nouvelle Russie avec l'Ukraine, la Biélorussie, la Grande Russie, tout ça, c'est la même chose18 ».
